Ce n’étaient que des vers
Qui me rongeaient les entrailles
Je me disais, persévère
Il faudra bien qu’ils s’en aillent
Noircir cette blanche page
Que je trouve le courage
De vomir mes tourments
Ma souffrance, mes errements
J’avais rempli mille cahiers
J’avais écrit mille poèmes
Jusqu’à rendre mes nuits blêmes
Et cette fois-ci, ça y est !
L’ultime chef-d’œuvre de mon âme
Pour un concours international de poésie
Il me faut le premier prix, je le réclame
Je fais dans le désespoir, pas la fantaisie
À l’annonce du palmarès
Je ne fus que deuxième
Imaginez ma douleur, ma détresse
De ce cuisant échec, le énième
Ce n’étaient que des verres
À la table où je veille
Je me disais, persévère
Pour vider cette bouteille
L’alcool envahissait ma vie
Je devenais le poète maudit
Cet illustre incompris
Que plus personne ne lit
Mes écrits étaient trop noirs
Moi je l’étais tous les soirs
Trop de tristesse, de désespoir
Même la lumière de mon briquet foire
J’ai brûlé tous mes cahiers
Revêtu le costume de l’ange déchu
La fumée âcre m’a pris au dépourvu
Fin de l’histoire, ça y est !
Ce ne sont que des vers
Qui me rongent les entrailles
Ils se repaissent et persévèrent
À dévorer ces mots qui me tenaillent
Fabien B.

